Parentalité

Le poids des maux


Hier, une personne proche m’a fait remarqué que j’étais moins mince qu’il y a 3 ans et demi et comment dire … je n’ai pas vraiment apprécié et je vous explique pourquoi.


Pour dresser le tableau en vitesse, il y a trois ans et demi j’étais à l’aube d’une dépression qui allait durer sauf que, je ne voulais surtout pas le voir (normal!), je mangeais deux tranches de pain par jour et un ou deux fruits, je fumais environ 10 cigarettes et plutôt que de boire deux verres de vin lors des soirées (beaucoup plus nombreuses qu’aujourd’hui), j’avais plutôt tendance à tourner aux shots d’alcool fort. Donc oui, indéniablement je n’avais pas la même hygiène de vie qu’à l’heure actuelle et je faisais à peine 56 kilos.

Au poids le plus bas, juillet 2017


Après un épisode peu glorieux que je ne raconterai pas ici, j’ai doucement remonté la pente comme on dit, j’ai arrêté de fumer (il y a presque 3 ans), entraînant ainsi une légère prise de poids fréquente chez les ex-fumeuses et j’ai été sous anti-dépresseur. Un petit cocktail favorisant donc l’apparition de quelques kilos. J’ai commencé à aller mieux puis je suis tombée enceinte de notre deuxième enfant. Une prise de poids moindre que pour mon premier (pas plus de 12 kilos il me semble) et là où l’allaitement fait fondre certaines, il me fait stagner .J’allaite toujours un p’tit bout de presque 21 mois et mon corps a changé de morpho’. Est-ce le passage à la trentaine ? L’alimentation végétale ? Le stress ? Bref, je ne fais plus 56 kilos et cette personne m’a fait sentir que si j’avais de la volonté je pourrais retrouver le poids « d’avant ».

C’est là que j’ai commencé à m’agacer car oui, j’étais plus mince, ma culotte de cheval s’était faite la malle au grand galop (de cheval, vous l’avez ?) et je rentrais facilement du 36. Est-ce que j’étais bien dans ma peau ? Physiquement, c’est clair, je m’appréciais beaucoup plus que maintenant, je préfère mon corps mince que plus étoffé. Dans ma tête ? Je pense que j’ai jamais été aussi mal de toute ma vie et je ne souhaite pas même à mon pire ennemi de ressentir ça . Et maintenant ? La dépression est derrière moi mais je suis encore fragile, à fleur de peau mais, mon rapport à l’alimentation est, de loin, beaucoup plus sain. Je suis donc végétalienne depuis juillet 2017, je fais du sport, je me déplace à pied ou à vélo, je ne fume plus, je bois peu et pourtant : mon corps est ce qu’il est.

Est-ce que je referai un jour 56 kilos ? Je ne pense pas et après tout, je m’en fous ! Là où je voulais en venir c’est que tenir ce genre de discours à qui que ce soit en ne prenant pas en compte les différents paramètres comme la dépression, le stress, la fatigue, l’allaitement etc. est aussi dangereux qu’offensant. On ne connaît pas l’histoire derrière une perte/prise de poids. Je connais des femmes qui ont été affligées de perdre les rondeurs gagnées pendant la grossesse et se faire critiquer car elles étaient « minces sans efforts », j’en connais d’autres qui ont bataillé avec des TCA toute leur vie et qui, enfin apaisées, se prennent des commentaires car elles sont trop grosses (selon qui ?) alors que c’est simplement leur poids de forme. J’aurais des dizaines d’exemples de ce type. Alors, s’il vous plaît, arrêtons de féliciter une perte de poids, arrêtons de pointer du doigt des kilos pris trop vite.

Bref, arrêtons de commenter les corps qui sont simplement ce qu’ils sont : nos enveloppes charnelles pour une vie et une vie seulement.

Merci de m’avoir lue et à bientôt pour un nouveau billet 🙂

3 commentaires sur “Le poids des maux

  1. Ton témoignage est émouvant, je tiens tout d’abord à te féliciter d’avoir arrêter la cigarette et remonter la pente 🙂

    Je suis d’accord avec toi, les gens se concentrent beaucoup sur le poids et en oublie le plus important. Il y a depuis de nombreuses années une vraie psychose autour d’un idéal de poids. L’important n’est pas le chiffre indiqué sur la balande, mais les variations brutales qui sont signes de maladies.
    Contrairement à toi, je n’ai jamais été « mince », j’ai toujours eu des rondeurs. J’ai eu beaucoup de complexes pendant de longue période sur mon poids et finalement un jour j’ai compris que mon corps serait toujours comme ça. Parce que c’était comme ça. Et que finalement moi ça me dérange pas, les autres ils font ce qu’ils veulent, s’ils veulent se faire souffrir avec des régimes c’est leur problème!

    Ta colère est tout à fait normal, tu es la seule à savoir ce qui est bon pour toi! L’important c’est que tu sois en bonne santé, en forme pour faire du vélo et t’occuper de tes pilous (parce qu’il en faut de l’énergie quand on est une maman!)

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Lucie,

      tout d’abord, un grand merci pour ton retour et tes félicitations.
      Ensuite, je ne peux qu’être d’accord avec toi sur le fait que mis à part la santé, le poids n’est qu’un indicateur comme les autres, comme la taille. On ne dit pas, oulala tu fais 1m66, ce serait mieux si tu faisais un peu plus/moins.

      Bref, c’est encore un long combat : rien n’est gagné !

      Aimé par 1 personne

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