Styles de vie {lifestyle}

Écologie et féminisme


font-elles bon ménage ? OK c’est mauvais mais je ne pouvais pas m’empêcher de faire ce jeu de mots en introduction de cette thématique plutôt sérieuse. Trêve de plaisanterie, rentrons dans le vif de ce sujet.

Peut-on être féministe et écolo ?

La réflexion ne date pas d’hier, je ne lance pas un nouveau débat mais c’est une question légitime à se poser en 2020.
Pourquoi s’interroger là-dessus ? Tout simplement car lorsque l’on observe les comportements liés à l’écologie dans un couple hétérosexuel, force est de constater que les changements sont majoritairement mis en place par la femme.
Je vais parler de ce que je connais (c’est toujours plus facile). Il y a au moins 3 ans, j’ai commencé à m’intéresser au zéro déchet. On utilisait déjà des couches et lingettes lavables pour notre fils aîné dès 2014, notre consommation de viande était en baisse constante, on faisait plein de petits pas mais un jour, j’ai décidé qu’il fallait opérer un changement en profondeur. J’ai donc commencé par aller dans des magasins de vrac avec mes petits sachets en tissu/papier, prendre un maximum de produits dans des récipients en verre, faire les biscuits pour les collations (goûters pour les Français) de mon fils, préparer du pain, des conserves etc. Maintenant je suis majoritairement « zéro déchet », végane et locavore autant que faire se peut.
Est-ce que mon mari m’a « suivie »? Bien évidemment mais … car il y a toujours un mais dans l’histoire et lui-même le reconnaît, je suis à la base de ce changement. C’est moi qui tel Jiminy Cricket murmure à l’oreille « dis, tu as pensé aux sacs/bocaux? » quand il va faire les courses en mode mi-conscience-morale mi-relou-de-service (mi-molette).

Pour être tout à fait transparente, mes petits rappels sont de moins en moins fréquents. Cependant il a fallu du temps pour que cela devienne un automatisme pour lui, ce qui me rendait dingue au début (et un tantinet pénible aussi). Maintenant ça me fait rire quand je croise son regard et que j’y lis « ah mince, j’ai zappé les contenants elle a envie de râler mais elle ne dit rien car c’est moi qui suis allé faire les courses » Vous le connaissez ce regard ?

Donc ! Pour revenir à nos moutons de poussière qui se regroupent soigneusement sous le canapé : peut-on être écolo et féministe ? Je pense que oui tout en ayant conscience que pour qu’il y ait des changements il faut une impulsion et donc, accepter que dans un foyer, cette dynamique vient souvent de la partie féminine.

Lu et vu sur les réseaux sociaux

C’est mâle-heureux (deuxième jeu de mots pourri, promis je me soigne) mais c’est ainsi. Sur Instagram, récemment deux chouettes nanas ont abordé ce sujet. Debohra avec ce post et Camille dans différentes stories. Pour vous la faire courte, les deux expliquaient – elles ne sont pas les seules mais je les suis depuis longtemps donc ça me fait plaisir de les mettre en avant- que ça pouvait sembler contradictoire d’être féministe et d’augmenter notre charge mentale en passant au zéro déchet, fait maison, achats en seconde main pour les vêtements, les jeux, le mobilier mais que pour des raisons écologiques évidentes il fallait bien que quelqu’un s’y mette dans un premier temps. Dans un second temps, la grande majorité des conjoints (pour rappel : je parle ici d’un couple hétérosexuel car c’est ce que je connais) prend le relais et cette charge mentale écologique diminue.
Coline de la chaîne Youtube Et pourquoi pas Coline a récemment posté une vidéo traitant de ce poids mental et moral dans laquelle elle avoue avoir lâché prise sur certaines choses. Je vous l’ai mise ici comme ça pas besoin de fouiller sur le web pour la retrouver !

Je vous confesse que j’ai également eu une espèce de « passage à vide ». Suite à la naissance de mon second enfant il y a 10 mois j’ai eu du mal à suivre la cadence couches lavables + repas faits maison + goûter pour le grand + produits ménagers zéro déchets + ….. + ….. . Du coup après m’être trituré le cerveau dans tous les sens j’ai priorisé et mis en avant ce qui était le plus important pour moi sur le moment à savoir les couches lavables et les repas maison. Donc pendant quelques temps mon aîné a eu quelques biscuits industriels (bio quand même >_<) et ça arrive encore quand je me sens débordée, il nous est arrivé de commander à manger les soirs de fatigue extrême (on se sert des contenants pour autre chose mais ça fait quand même des déchets moins valorisables) et on a pris des bains quand la tension physiquement s’accumulait. Bref, le scoop : nous ne sommes pas éco-parfaits.

« De nos imperfections, nous avons appris et grandi »

Pour aller plus loin

Comme je le mentionnais en début d’article, je ne suis évidemment pas la première à mentionner cette dualité. Pour permettre à celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, je vous propose une liste de liens sourcés ci-dessous (article, podcast, vidéo, il y en a pour tous les goûts). Elle est pas belle la vie ?

  • Un article paru sur Slate qui va jusqu’à parler d’aliénation
  • Le livre de Françoise d’Eaubonne (indisponible au 17/01/2020)
  • Une chronique de Safia Kessas sur la RTBF
  • La réponse faite à Coline par « Le Corps, la Maison, l’Esprit »
  • Un article de Banana Pancakes que je n’ai trouvé qu’après avoir fini d’écrire ce billet en faisant une recherche d’images 🙂

Il y en a sûrement plein d’autres mais je vous laisse creuser de votre côté si la thématique titille votre curiosité ! Et chez vous, comment ça se passe la mise en place de gestes écologiques ? Racontez-moi tout !

10 commentaires sur “Écologie et féminisme

  1. c’est malheureux mais ce n’est pas le premier article que je lis sur le fait que l’écologie comme une nouvelle « domesticité ». Ce phénomène s’explique malheureusement par une culture où tout ce qui est relatif au soin et à la personne est attaché au « rôle féminin » ce qui m’exaspère énormément…

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    1. C’est exactement le terme qui manquait « domesticité ». C’est terrible hein? Une personne avant toi disais la même chose justement ua sujet du soin…

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  2. Je pense que ce n’est pas juste une question de charge mentale, en fait, ça vient aussi du fait que généralement le « care », le soin des autres, est plutôt du côté des femmes, et que donc les femmes impulsent le changement chez elles parce que sauver la planète et mieux nourrir les enfants, c’est « leur » truc. Non pas que les hommes n’y sont pas sensibles, mais simplement c’est une question dont, généralement, ils laissent l’occupation à la femme. D’ailleurs, dans le même genre, une amie étudiante en médecine m’expliquait qu’il fallait laisser jouer les garçons avec de poupons pour que, plus tard, ils aient envie de devenir père et, surtout, de s’occuper de leur gamin sans laisser tout faire à la femme. Je dirais donc qu’ici c’est un peu la même chose : par éducation, on laisse plutôt le soin des autres et de la planète à la femme.

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    1. Merci beaucoup pour ton retour ! La question du soin/care revient beaucoup quand on aborde ce sujet. J’en parlerais peut être.sans un prochain article du coup ! Mais du coup oui il faut éduquer les garçons à prendre soin de leur prochain des le plus jeune âge… La solution ? Je verrais avec mes fils car c’est ce que j’entreprends avec eux

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  3. Je me reconnais pleinement dans tes mots. J’ai eu un passage à vide à l’automne, prise dans la fatigue de la routine, je n’achetais plus rien en vrac, je ne pensais plus au sac à pain, ni à ma tasse de café… j’étais complètement déconnectée soudainement. Et je vois tout à fait ce que tu veux dire avec «le regard», j’ai d’ailleurs l’impression que mon conjoint va penser au sac ou aux bocaux pour me faire plaisir (ou pour ne pas que je râle) plutôt qu’au nom de prise de conscience environnementale.

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    1. Ça fait plaisir ce premier retour des publication ! Comme quoi je pense que nous sommes plus d’un.e à avoir ressenti ça… Cette lassitude face à tous les efforts déployés. Puis la part du colibri sincèrement j’y crois qu’à moitié…

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