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Comme un mercredi


Quel meilleur jour qu’un mercredi pour vous partager cette nouvelle ? Pour rappel, c’est la première que j’avais proposé dans le cadre du concours Au Féminin. Ce n’est pas elle qui a séduit le jury mais je l’aime bien quand même ! Pour retrouver la deuxième, cliquez ici.

Credits : pixabay

Enfant déjà, il lui avait suffi d’un seul regard pour avoir le coup de foudre.
Elle se rappelait cette journée avec précision. C’était en octobre, quelques semaines après la rentrée des classes. Elle n’aimait pas beaucoup l’école mais elle adorait les mercredis car c’était son grand-père qui venait la chercher.
Comme à son habitude, il était en avance. Devant la grille avant l’ouverture des portes ; vêtu d’une chemise colorée, d’un pantalon repassé et portant des bottines impeccablement vernies. Sa moustache et ses favoris étaient peignés et il arborait le sourire énigmatique de ceux qui ont vécu de nombreuses aventures mais sont trop modestes pour les raconter.
Ce mercredi, les arbres semblaient s’être parés de leurs plus belles couleurs. Un rai de lumière se reflétait sur l’étang en face de l’école et un vent frais apportait un avant-goût de l’hiver.
Chaque après-midi en compagnie de son aïeul était pour elle une découverte. Son grand-père la prenait par la main, elle s’agrippait à ses doigts noueux d’ancien menuisier et lui, posait de nombreuses questions sur ses rêves, ses amis, ses envies. Il ne lui demandait jamais rien au sujet de l’école car il savait que ses parents l’ennuyaient suffisamment avec des questions d’algèbre, de grammaire ou de géographie. Son grand-père l’écoutait attentivement et elle ne voyait pas le temps passer, si bien qu’au fil de leurs discussions ils se retrouvaient une fois chez un antiquaire, une autre dans une vieille salle de cinéma cachée entre deux gratte-ciels ou encore dans une piscine réaménagée en musée. Il aimait autant lire l’étonnement sur son visage qu’elle adorait être surprise lors de leurs promenades hebdomadaires.
Ce jour-là, lorsqu’ils franchirent la porte à la peinture écaillée en faisant tinter le carillon, elle ne sut plus où donner de la tête. Tous ses sens furent en ébullition. Ses yeux s’écarquillèrent devant toutes les couleurs, ses narines se dilatèrent et ses papilles commencèrent à s’agiter. Son grand-père la pria de s’asseoir sur un petit fauteuil en chintz fleuri et lui demanda de bien fermer les yeux. Elle l’entendit échanger quelques mots avec la dame élégante qu’ils avaient saluée en rentrant puis, le pas feutré des bottines sur l’épais tapis, le bruit de la porcelaine sur la table basse.
Elle put alors ouvrir les yeux et son cœur s’emballa pour la première fois.
Bien des années plus tard, à chaque fois qu’elle viendrait rendre visite à son grand-père, elle saurait qu’elle retrouverait ses premières amours, celles qui avaient tant fait vibrer son cœur d’enfant : ses macarons préférés.

Credits : pixabay

Envie de me donner vos impressions ? Rien ne me ferait plaisir ! Ce sont les critiques, positives comme négatives qui font avancer …

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